L’émancipation de l’Afrique noire

L’émancipation de l’Afrique noire


La décolonisation de l’Afrique anglophone


L’émancipation de l’Afrique noire se fait progressivement. Les colonies britanniques sont les premières à se libérer. Le 6 mars 1957, le leader Kwame Nkrumah obtient l’indépendance de la Côte-de-l’Or sous le nom de Ghana.


Le Nigéria devient indépendant le 1er octobre 1960, la Sierra Leone le 27 avril 1961, le Tanganyika le 28 décembre 1961 et l’Ouganda accède à l’indépendance le 9 décembre 1962. Le 29 septembre 1964, le Tanganyika et le Zanzibar fusionnent pour former la Tanzanie.


La décolonisation se fait plus difficilement au Kenya, où sévit, à partir 1952, la rébellion des Mau-Mau, un mouvement militant qui combat la loi coloniale britannique. Le leader nationaliste Jomo Kenyatta, accusé d’être un complice des Mau-Mau, est arrêté par les autorités britanniques. Devenu un symbole de la volonté d'unité nationale, il est relâché en 1961. C’est seulement en septembre 1963 que le Kenya accède à l’indépendance. Jomo Kenyatta devient le premier président de la nouvelle république.


En Afrique australe, le Nyassaland proclame son indépendance et prend le nom de Malawi (6 juillet 1964) et la Rhodésie du Nord devient indépendante sous le nom de Zambie (24 octobre 1964). En 1965, la minorité blanche au pouvoir en Rhodésie du Sud proclame unilatéralement l’indépendance et y établit un régime d’apartheid. Les colons blancs perdent le pouvoir seulement en 1979, et en 1980, les Britanniques accordent l'indépendance à la Rhodésie du Sud sous le nom de Zimbabwe. Robert Mugabe devient Premier ministre.



La décolonisation de l’Afrique noire française


Les événements vont également s’enchaîner dans les colonies françaises issues de l’Afrique noire. En 1946, la constitution de la IVe République accorde à ces territoires un début d’autonomie et le droit d’élire leurs représentants dans les assemblées françaises. L’Ivoirien Houphouët–Boigny et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor seront même ministres à Paris. La loi-cadre Defferre accorde en 1956 une large autonomie interne aux territoires africains. En 1958, le général de Gaulle les laisse choisir entre l’indépendance dans la sécession et l’appartenance à la Communauté française, présidée par de Gaulle. À l’exception de la Guinée, toutes les colonies de l’Afrique noire française optent pour la seconde solution. Elles jouissent désormais d’une large autonomie interne, seules la défense nationale et la politique étrangère sont du ressort du gouvernement français. Peu à peu, toutes ces colonies demandent à la France le transfert des compétences. Plusieurs nouveaux États indépendants voient ainsi le jour en 1960: Cameroun, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Dahomey, Gabon, Haute-Volta, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, République centrafricaine, Sénégal, Tchad et Togo.



L’indépendance du Congo belge


Grâce aux ressources en or, en cuivre et en uranium, le Congo belge est la plus riche de toutes les colonies européennes en Afrique noire, et ce vaste territoire suscite les convoitises des grandes compagnies. Le gouvernement belge de son côté a longtemps pratiqué une politique paternaliste, en refusant toute évolution. En 1960, des émeutes éclatent et la Belgique accorde brusquement l’indépendance au Congo (30 juin 1960). Mais à peine indépendant, le Congo devient la proie de massacres d’Européens et sombre dans une guerre civile. Progressiste et centralisateur, le Premier ministre Patrice Lumumba s’oppose vite au fédéraliste Kasa-Vubu, désigné comme président de la République. Et bientôt, la riche province du Katanga, dirigée par Moïse Tschombé, fait sécession et proclame son indépendance. Ces divisions dégénèrent rapidement en luttes sanglantes et le conflit congolais s’internationalise avec l’intervention des Casques bleus de l’ONU. En 1961, la situation s’empire encore avec l’arrestation et l’assassinat de Patrice Lumumba. Les troubles prennent seulement fin en 1965, avec le coup d’État du général Mobutu, chef de l’armée congolaise.


Le 1er juillet 1962, deux autres territoires sous tutelle belge, le Rwanda et l’Urundi (qui devient le Burundi) accèdent à la souveraineté.



L’indépendance des colonies portugaises


Le Portugal a été le premier colonisateur de l’Afrique, mais il est également le dernier à quitter le continent. En 1961, des émeutes éclatent en Angola, au Mozambique et en Guinée-Bissau, mais le Portugal refuse de céder et les réprime dans le sang. Peu à peu, les soulèvements se généralisent et s’organisent autour de mouvements indépendantistes et nationalistes. Il faut attendre la «révolution des œillets» et la chute de la dictature salazariste au Portugal en 1974-1975 pour que l’Angola, le Mozambique, la Guinée-Bissau et le Cap-Vert obtiennent leur indépendance. L’abandon des colonies africaines signifie pour le Portugal la fin de son empire colonial. Ne reste au Portugal que le comptoir de Macao qui revient seulement en 1999 à la souveraineté chinoise.

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