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Du plan Schuman au traité de Paris (1950-1952)

Avant-propos
Introduction
 
Les origines du plan Schuman
 
La déclaration du 9 mai 1950
 
La création de la CECA
 
Les débuts de la CECA
L'insuffisance des organisations internationales
Le contexte international
 
Les problèmes franco-allemands
Le projet de Jean Monnet

Le contexte international

Le contexte international


Après la Seconde Guerre mondiale, la France se trouve face à un dilemme par rapport à son grand voisin. Car si elle a la hantise du réarmement de l'Allemagne et de la renaissance des sentiments militaristes, elle doit bien constater que l'Europe occidentale n'est pas à l'abri d'une agression extérieure. De plus en plus divisée en deux blocs antagonistes, l’Europe risque immanquablement de servir une nouvelle fois de théâtre d’opérations en cas de conflit entre l’Est et l’Ouest. Les signes négatifs se multiplient. En juillet 1947, l’Union soviétique rejette le plan Marshall d’aide économique à l’Europe et entraîne à sa suite les pays satellites qui s’empressent de créer le Bureau d’information des partis communistes (Kominform) puis le Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM ou Comecon). En avril 1948, à la suite de la réforme monétaire décidée unilatéralement par les Occidentaux dans leurs secteurs d’occupation à Berlin, les Soviétiques pratiquent un blocus des voies d’accès à la ville. Mais la manœuvre échoue un an plus tard grâce à l’établissement par les Américains d’un vaste pont aérien qui permet de ravitailler Berlin. De part et d’autre du rideau de fer, le ton se durcit. La création, par le traité de Bruxelles du 17 mars 1948, de l’Union occidentale puis la signature à Washington, le 4 avril 1949, du traité de l’Atlantique nord en sont des manifestations évidentes. L’explosion, en septembre 1949, de la première bombe atomique soviétique dans la plaine du Kazakhstan en est une autre. Elle signifie en effet la fin du monopole nucléaire américain ce qui comporte de considérables implications psychologiques et stratégiques. Enfin, le déclenchement de la guerre de Corée, en juin 1950, fait craindre le déclenchement d’une Troisième Guerre mondiale. La peur s'installe à nouveau en Europe. L'intensification de la Guerre froide et la menace communiste confèrent à la République fédérale d’Allemagne (RFA) une importance géopolitique accrue. Dans ces conditions, le problème de la défense de l’Europe occidentale devient chaque jour plus pressant. Les États-Unis et les Britanniques qui occupent avec la France les zones allemandes – celles-ci constituent officiellement, depuis le 23 mai 1949, la RFA qui dispose d’institutions pleinement démocratiques – sont bien décidés à utiliser le potentiel industriel de l’Allemagne et d’en faire un pion essentiel de leur stratégie défensive.


Mais pour le Quai d’Orsay, le réarmement de l’Allemagne n’est envisageable que s'il s'opère dans une structure européenne de défense capable de l’encadrer. De leur côté, les États-Unis souhaitent réarmer l'Allemagne mais en l'intégrant plutôt dans l'OTAN. L’objectif pour les uns comme pour les autres étant d’ancrer définitivement la RFA dans le camp occidental. Se sachant de plus en plus indispensable, l’Allemagne n’hésite plus à faire connaître son point de vue. A Bonn, les critiques à l’encontre des mesures de contrôle international auquel le pays est encore soumis sont de plus en plus vives. On s’insurge contre la poursuite des démantèlements d’usines par les vainqueurs et contre la surveillance exercée par les Alliés sur la politique étrangère et le commerce extérieur de l’Allemagne. La question de la Sarre, réunie économiquement à la France en mars 1950, reste une pomme de discorde entre Paris et Bonn. Élu chancelier en septembre 1949, Konrad Adenauer s’efforce de faire admettre son pays, sur un pied d’égalité, au sein de l’Autorité internationale de la Ruhr (AIR). Un mois plus tard, l’Allemagne rejoint l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) créée par la convention signée à Londres le 16 avril 1948. En novembre, les Accords de Petersberg entre les Trois et la RFA permettent une reprise des relations consulaires et commerciales, entraînent un ralentissement des démontages des usines et expriment solennellement le vœu d’accueillir la RFA au sein de la communauté européenne. Des efforts sont aussi entrepris pour faire admettre l’Allemagne fédérale, en tant que membre associé, au sein du Conseil de l’Europe dont le statut a été signé à Londres le 5 mai 1949.


Soucieuse de normaliser ses relations politiques et économiques avec l’Allemagne, la France cherche une solution diplomatique originale. Pour Jean Monnet, qui dirige le Commissariat général au plan, et pour le ministre des Affaires étrangères Robert Schuman, il faut intégrer l’industrie lourde d’outre-Rhin dans un ensemble économique qui permettra un contrôle efficace sans caractère vexatoire. A leurs yeux, la solution réside dans l’établissement d’une autorité supranationale chargée d’administrer la production de charbon et d’acier des deux pays, voire d’autres partenaires européens intéressés. Ce sera, le 9 mai 1950, le sens de la déclaration Schuman. Pour l’Allemagne, c’est l’assurance de voir disparaître l’AIR qu’elle juge discriminatoire. En surgissant moins d'une semaine après le début des négociations à Paris sur la mise en place entre les Six (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas) d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), l’invasion de la Corée du Sud par les troupes nord-coréennes modifie profondément la donne internationale. Sur le plan européen, le risque de guerre dope la demande en acier, écarte momentanément la crainte de surproduction et, partant, la fermeture des usines les moins rentables. Les négociations du plan Schuman, auxquelles participent de nombreux syndicats ouvriers et patronaux, s'en trouvent donc quelque peu facilitées.

Nos Documents

Le contexte international


Le contexte international

Le contexte international: la Guerre froide


Explosion atomique américaine (25 juillet 1946)

Discours de Harry Truman devant le Congrès américain (12 mars 1947)

Caricature de Lang sur l'Europe d'après-guerre (29 novembre 1947)

Caricature de Low sur l'impact de la Guerre froide sur le projet d'Europe unie (1er février 1949)

Encart du Parti communiste français en vue des élections cantonales (Mars 1949)

Caricature de Wos sur la création de l'OTAN (24 mars 1949)

Discours de Harry S.Truman sur la signature du traité instituant l'OTAN (Washington, 4 avril 1949)

Caricature de Low sur la réaction de l’Union soviétique face à la création de l'OTAN (6 avril 1949)

La Une du Patriote mosellan sur les dangers du Pacte atlantique (9 avril 1949)

"Unir les deux Europes" dans Le Monde (14 avril 1949)

Jean Monnet, Mémoires: extrait sur la Guerre froide

La fin du du blocus de Berlin (12 mai 1949)

Caricature sur l'importance de l'intégration européenne de la République fédérale d'Allemagne (25 août 1949)

Explosion de la première bombe atomique russe (Kazakhstan, 29 août 1949)

"La boîte de Pandore" dans Le Monde (25 septembre 1949)

Note américaine sur les intentions et les capacités militaires de l'URSS (20 février 1950)

Caricature de Beuth sur la situation de l'Allemagne face aux tensions Est-Ouest (25 avril 1950)

Caricature de Party sur la politique de l'Union soviétique à l'égard de l'Europe

Caricature de Bob sur la menace soviétique (avril 1950)

Note de Jean Monnet sur la situation internationale (1er ou 2 mai 1950)

Évacuation de l'aérodrome de Suwon par les troupes sud-coréennes (Corée, 1950)

Entretien de Georges Suffert avec Jean Monnet: extrait sur les origines du plan Schuman et le rôle de la Guerre froide (10 et 11 mai 1970)

Jean Monnet, Mémoires: extrait concernant l'impact de la guerre de Corée sur le plan Schuman et sur la question allemande

La question du réarmement allemand


Caricature de Lang sur la question du réarmement allemand (18 décembre 1948)

"Notre sécurité" dans Die Gegenwart (15 septembre 1949)

"Les Français aujourd'hui" dans Freie Presse (24 novembre 1949)

"Le réarmement de l'Allemagne de l'Ouest" dans Luxemburger Wort (9 décembre 1949)

"Qui veut être soldat?" dans Hannoversche Presse (10 décembre 1949)

Caricature de Leger sur les dangers du réarmement allemand (10 décembre 1949)

"La visite à Bruxelles de M. Robert Schuman" dans Luxemburger Wort (19 décembre 1949)

Caricature de Lang sur le réarmement allemand

"L'Allemagne ne veut pas de "remilitarisation"" dans Le Monde (5 janvier 1950)

Note interne du ministère britannique des Affaires étrangères sur les questions de défense relatives à l'Allemagne (Mai 1950)

Recommandation du ministère britannique des Affaires étrangères sur la question du réarmement allemand (Mai 1950)

Caricature de Beuth sur la menace soviétique et la question du réarmement de la RFA (24 juillet 1950)

La question du réarmement allemand vue par Le Patriote mosellan (Décembre 1950)

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