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GP_BEAUREGARD_MORIN-É

INTRODUCTION En regardant le passé, il n'est pas rare que nous, êtres humains, réalisons les erreurs que nous avons commises jadis. « Jamais plus la guerre » avait déclaré le Pape Paul VI en 1965 et pourtant certaines nations continuent d'être belliqueuses fournissant ainsi à d'autres nations de les envahir. Les guerres étant identifiables par des conflits étant considérés comme un phénomène historique situé dans le temps et dans l'espace peuvent donc êtres étudiées et analysées pour en découvrir les causes et les conséquences afin de peut-être éviter de reproduire un événement semblable dans le futur. Dans cette optique, notre équipe a décidé de déterminer en quoi la France a contribuée à la mise en place de l'échiquier politique et militaire qui a mené à la guerre d'Indochine. Nos recherches nous ont indiqué que la contribution à la mise en place du conflit fût réalisée en deux temps. La première phase se déroula pendant l'ère du colonialisme dans la deuxième moitié du XIXe siècle tandis que la deuxième ce déroula un siècle durant la période de tensions menant à la guerre froide. Cette thématique sera donc expliquée par une définition de son cadre théorique et de ses concepts qui appuieront notre argumentation. 1. Théorisation et définition des concepts L'un des principaux concept qui est à la base de la question sur les causes de la guerre d'Indochine est le concept de colonialisme. Ont définit le colonialisme comme une « doctrine qui vise à légitimer l'occupation d'un territoire ou d'un État, sa domination politique et son exploitation économique par un État étranger » ou encore comme un ensemble de comportements adoptés à l'encontre de la population d'un pays, d'une région colonisée ou considérés comme tel (Larousse, 2005, p.265). On comprend que dans le cas de l'Indochine, la France est la nation colonisatrice et que l'Indochine avec ses trois régions, le Tonkin, l'Annam et la Cochinchine, est l'État colonisé. Or, le colonialisme n'est pas apprécié de tous et chacun et on retrouve aussi des courants de résistance anticoloniale qui, durant la guerre d'Indochine, s'opposaient farouchement au colonialisme français. Les deux principaux courants et mouvements qui s'y opposaient sont l'indigénisme et le marxisme qui se distinguent de la façon suivante. Tout d'abord, l'indigénisme est, à la base, un ensemble de théories et de discours qui ont été écrits au sujet des populations indigènes dans divers pays d'Amérique du Sud (Galvin, 2004, p.297). Ce mouvement est soutenu et véhiculé la majorité du temps par des intellectuels et des hommes politiques provenant de régions autres que celles dont ils dénoncent la condition. Dans le cas de l'Indochine, on parle plutôt d'une variation de l'indigénisme traditionnel étant donné que le contexte sociopolitique et culturel est différent. Dans le cas de l'Indochine, le soutien au mouvement indigéniste est autant à l'interne qu'à l'externe. La présence française est dénoncée par les pays limitrophes qui dénoncent principalement les conditions que les Français imposent à la population dans leur tentative de maintient de l'ordre plutôt que dans le développement de la colonie tout comme on retrouve les mêmes idées chez la population locale. Le deuxième courant de pensée qui s'oppose au colonialisme français est le marxisme. Les intellectuels qui véhiculent cette pensée désirent réaliser une révolution sociale et introduire le communisme en Indochine afin d'alimenter le moteur de l'histoire selon Marx et Engels, la lutte des classes. De cette façon, le Vietminh de la première guerre d'Indochine, fortement influencés par les théories d'extrême gauche, pouvait véhiculer leurs idées visant à déstabiliser le régime français, qui véhicule des idées totalement en opposition avec l'idéologie communiste, en Indochine et à reprendre le contrôle des colonies. Dans cette optique, le contexte de guerre froide fait tranquillement son apparition dans cette situation qui est aussi une guerre révolutionnaire et une guerre de décolonisation. Dans cette opposition idéologique du bloc de l'est et du bloc de l'ouest, ont retrouve les préceptes d'une guerre froide soit une guerre par partenaires interposés ou plus précisément une Confrontation idéologique, politique, économique et militaire entre les deux Grands par partenaires interposés (David, 2002, p. 59). Dans le cas échéant, les deux Grands présents sur le terrain sont dans un premier temps les Français (liés au bloc de l'ouest et aux politiques américaines) et les Vietminh (influencés par le bloc de l'est et l'idéologie communiste) avant d'être remplacés par les Américains et les Viêt-Cong durant la deuxième guerre d'Indochine. Avec les tensions et les éléments historiques récents (fin de la Deuxième Guerre mondiale, apparition du nucléaire comme arme dissuasive…) les termes « bloc de l'est » ou « pacte de Varsovie » et « bloc de l'ouest » ou l'OTAN pour Organisation du traité de l'Atlantique nord firent leur apparition afin de regrouper les pays appartenant soit à l'idéologie capitaliste qui caractérise les pays du bloc de l'ouest ou encore à ceux qui adhéraient de gré ou de force (pensons au coup de Prague en Tchécoslovaquie) à l'idéologie communiste. On définit la création de blocs comme un rassemblement des États partageant les mêmes valeurs et unis politiquement et militairement sous la direction d'une superpuissance.» (Moreau-Desfarges, 2002, p. 19). Ces différents concepts permettent une meilleure compréhension des divers événements qui ont placé l'échiquier politique et militaire par la France qui mena, comme nous le savons, à la guerre d'Indochine. 2. Évolution et développement de la situation en Indochine 2.1 La division territoriale Lors de la conquête de l'Indochine par la France, celle-ci décida de diviser le Viêt-Nam en trois parties et chacune de celle-ci a obtenu un statut politique différent. Les trois divisions sont Tonkin, Annam ainsi que Cochinchine. La différence entre ces colonies se jouent sur le rôle d'un représentant politique ainsi que le lien entretenu avec la France : « la Cochinchine est une « colonie incorporée », dirigée par un gouverneur et représentée par un député en métropole; l'Annam – le « Sud pacifié », en chinois – a le statut de protectorat, ce qui revient en fait à une administration directe de la France, l'empereur n'y jouant qu'un rôle de représentation; le statut de Tonkin le soumet à l'autorité d'un résident supérieur, les villes de Hanoi et de Haiphong étant territoires français. » (ÉDITIONS LAROUSSE). On peut donc voir qu'il y a une inégalité entre les pouvoirs accordés aux différentes colonies Indochinoise. De plus, chaque division entretient un lien avec la France qui elle peut, pour certaines colonies être vu d'un bon œil tandis que pour d'autre, la colonie percevait mal sa relation avec la France. Ainsi, certaines divisions accepteront mieux ce que la France leurs imposent tandis que pour d'autres, la France aura une attitude très impérialiste et tenteront de faire la révolution. De plus, les pouvoirs accordés par la France, créera quelques tensions entre les peuples Indochinois. 2.2 L'importance accordé au maintient de l'ordre plutôt qu'au développement de la colonie. Lorsque la France a vu à la colonisation de l'Indochine, elle y a envoyé beaucoup plus de militaires que de colons qui auraient pu aider au développement de la colonie. En effet, la participation des militaires à la colonisation de l'Indochine est venu jouer un rôle de maintient de l'ordre. On s'assurait donc que la population ne se révolte pas ou qu'elle se prépare à remettre en cause, les politiques de la France via l'Indochine. Cette priorité du maintient de l'ordre, vient compromettre la construction de la colonie ainsi que son développement économique. Ainsi, la population colonisée ne bénéficie pas d'une prospérité économique qui vient souvent avec la colonisation. Comme toutes les colonies, il faut que l'Indochine apporte un enrichissement quelconque à la France. Puisqu'on n'accentue pas sur le développement économique, la France trouve le moyen d'écraser la population indochinoise sous l'imposition de taxe et des droits de douane : « l'un des reproches fondamentaux adressés à la France par les nationalistes et le Viêt Minh concerne précisément sa politique de spoliation des ressources locales : la perception de taxes diverses et de droits de douanes sur l'alcool ou le sel, la vente d'opium, etc. ». (ÉDITIONS LAROUSSE). Les principaux revenus que la France obtenait de l'Indochine, provenaient des tarifs imposés ainsi que sur l'exploitation des matières. Puisque le territoire de l'Indochine est riche en matières premières tel que le caoutchouc et le charbon. La France exploite donc, pour son propre bénéfice les ressources naturelles sans toutefois voir au bien-être de la colonie, ce qui évidemment conduira à un sentiment d'injustice sociale du peuple Indochinois, qui lui désire aussi avoir sa part des matières premières qui sont sur son territoire. 2.3 La menace communiste La France entrevoit une réelle menace communiste en Indochine. Le contexte de la Guerre Froide est déjà là. On craint en la contamination de cette région, puisque selon la théorie des dominos, lorsqu'un pays tombe dans le communiste, il entraine avec lui les pays environnant. Lorsque la France tente de se retirer de cette région, les Américains n'approuve pas cette mesure, puisque la région comporte déjà son lot de pays communiste (la Chine et la Corée du Nord), on a donc peur que les pays communistes de la région s'en mêlent : « Tout aussi étonnant, à mesure que la France se retirait, les États-Unis semblaient s'en inquiéter. En insistant sur les connexions communistes d'Hô Chi Minh, les Américains firent comprendre aux Français qu'ils ne souhaitaient pas voir l'administration coloniale supplantée par une organisation inspirée et inféodée idéologiquement et politiquement par Moscou. » (REGAUD et LECHERVY, 1997, p.97-98). On explique la montée du communiste en Indochine par une réaction à l'impérialiste français. En effet, les politiques d'exploitations des ressources naturelles sont venus appauvrir les indochinois, le communiste s'oppose donc à ce type de régime. 2.4 Le plan Marshall Suite à la crainte des Américains vis-à-vis la tendance de l'Indochine a sympathisé avec le communisme, les États-Unis demanderont aux Français d'investir l'argent du plan Marshall dans la guerre d'Indochine plutôt que dans de la modernisation quelconque. Suite à la Deuxième Guerre mondiale, la France est endettée et ne peut pas rentrer en guerre sans de l'aide financière : « Les États-Unis dépenseront 3,73 milliards de dollars jusqu'en 1954 pour nous aider en Indochine, c'est-à-dire plus que par le Plan Marshall pour la France (2,7 milliards). En 1950 ils financent 15% de nos dépenses de guerre, en 1954 82%. » (RIGARD-CELLARD, 1991, p.29). Sans l'aide financière américaine, la France aurait eu beaucoup de difficulté à poursuivre la guerre en Indochine. Les journaux français de l'époque telle que Le Figaro et L'Humanité déploraient le manque de jugement vis-à-vis cette guerre. Selon Le Figaro, les Français hésitaient entre continuer la guerre ou tout simplement arrêter. Cette hésitation est évidemment venue perturber l'effort de guerre des soldats : « Ils sont morts parce que nous n'avons pas su faire cette guerre, parce que nous n'avons su ni la vouloir ni la refuser, parce que nous n'avons su ni mesurer l'épreuve, ni en prévoir les conséquences, ni la situer dès l'abord sur son plan mondial. » (BRISSON, 1954). Le journal L'Humanité déclare un surestimation de la puissance française. On ne croyait pas que la France pouvait perdre la guerre au main de l'Indochine, on a alors refuser les propositions offertes par Ho Chi Minh : « Les hommes tombés à Dien-Bien-Phu seraient vivants si le gouvernement Laniel n'avait pas repoussé les propositions répétées du président Ho Chi Ninh interprétées constamment comme des signes de faiblesses » (COIN, 1954). CONCLUSION Avec le recul historique et les archives datant de la création de l'Indochine tout comme celles qui datent de la guerre d'Indochine, notre analyse de la situation nous permets de découvrir que la France est responsable pour plusieurs pièces ayant été déposées sur l'échiquier politique et militaire. Comme nous le soupçonnions, la France a tout d'abord effectué une division territoriale dont les pouvoirs étaient inégaux causant ainsi des tensions. De plus, comme ils ont apporté plus d'importance au maintient de l'ordre plutôt qu'au développement de la colonie, le gouvernement français a étouffé la population et causé un marasme économique créant ainsi des tensions supplémentaires. Finalement, la menace communiste lors de la Guerre froide tout comme la création du Plan Marshall par les Américains et l'aide apportée par les Français n'ont fait que mettre de l'huile sur le feu dans cette situation problématique. Il sera intéressant de voir dans les prochaines décennies, avec l'apparition de nouvelles formes de colonialisme en Afrique par la Chine, si des similarités avec la gestion des ressources en Indochine existent. BILIOGRAPHIE 1. Ouvrages de référence BLANC, Valérie. Notes de cours : La Guerre Froide. Collège Édouard-Montpetit. Longueuil, 2009. 24 p. BLANC, Valérie. Notes de cours : Les guerres d'Indochine. Collège Édouard-Montpetit. Longueuil, 2009. 12 p. « Campagnes d'Indochine (1940-1954) » dans Encyclopédie Larousse. Éditions Larousse. [En ligne]. http://www.larousse.fr/encyclo/Data/print/DIVERS/prt124937.htm . (Page consultée le 2 mars 2009). 2. Livres DALLOZ, Jacques. La guerre d'Indochine : 1945-1954. Paris : Seuil, 1987. 316 p. GALVIN, Marc. La connaissance métisse : Une analyse de la politique de protection des connaissances traditionnelles au Pérou. Thèse de doctorat. Genève : Université de Genève, 2004. 410 p. REGAUD N. et Ch. LECHERVY. Les Guerres d'Indochine. Paris : Puf. 1997. p.95-105. RIGARD-CELLARD, Bernadette. La Guerre du Vietnam et la société américaine. Presse Universitaire de Bordeaux. 1991. p.29. 3. Sites Internet BRISSON, Pierre, « Le sacrifice », dans Le Figaro. 08-09.05. 1954, n° 3005; 128e année, p.1. (Page consultée le 2 mars 2009). COIN, Jean, « Dien-Bien-Phu est tombé », dans L'Humanité. 08.05.1954, p.1. (Page consultée le 2 mars 2009). GAZZO, Emanuele. « Le conflit indochinois et l'Europe » dans European Navigator. [En ligne]. http://www.ena.lu?lang=1&doc=8365. (Page consultée le 4 mars 2009). Ministère des Affaires étrangères; Commission de publication des DDF (sous la dir.). Documents diplomatiques français. « Lettre du Général Ély à Antoine Pinay (Saigon, 28 avril 1955) » dans European Navigator. [En ligne]. http://www.ena.lu?lang=1&doc=7583. (Page consultée le 4 mars 2009). RUSCIO, Alain. « L'Appel de Hô Chi Minh (Viet Bac, 22 juillet 1954) » dans European Navigator. [En ligne]. http://www.ena.lu?lang=1&doc=3368. (Page consultée le 4 mars 2009).

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Lettre du Général Ély à Antoine Pinay (Saigon, 28 avril 1955)

L'Appel de Hô Chi Minh (Viet Bac, 22 juillet 1954)

"Le conflit indochinois et l'Europe" dans Europe

Accords sur la cessation des hostilités en Indochine (Genève, 20 juillet 1954)

Acte final de la conférence de Genève et déclarations annexes (21 juillet 1954)

"Dien-Bien-Phu est tombé" dans L'Humanité (8 mai 1954)

"Le sacrifice" dans Le Figaro (8 mai 1954)

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